Procès Rozon : argent et vengeance peuvent-ils motiver une victime à dénoncer?
Anne Marie Lecomte
Radio-Canada info
25 août 2025
« Dans le contre-interrogatoire de Karine Baril, lundi, l’avocat qui représente M. Rozon, Pascal-Alexandre Pelletier, a tenté de lui faire évaluer « l’adhésion » de la population québécoise aux mythes et aux stéréotypes « qui blâment la victime ». La professeure de l’UQO s’est-elle appuyée sur des études scientifiques? a-t-il questionné. Ses propres travaux ont-ils été révisés par ses pairs?
« Ce que j’affirme, c’est qu’il existe peu de données qui nous permettent de mesurer la prévalence de l’adhésion aux mythes et aux stéréotypes dans la population québécoise. »
Karine Baril, témoin expert et professeure à l’UQO
J’ai montré dans mes travaux de recherche sur les écarts de réussite scolaire entre garçons et filles du secondaire que l’adhésion aux stéréotypes sexuels [ou de genre] influençaient significativement leurs attitudes et comportements scolaires ainsi que leurs projets d’études et d’avenir.
- Ces représentations sont présentes dans la façon dont les parents éduquent leurs enfants, filles et garçons différemment.
- Elles sont aussi présentes dans l’univers culturel des jeunes, jeux, livres, films, etc. et au sein de leur groupe de pairs.
Si, déjà à l’âge du secondaire, il est possible d’en constater la présence décisive et d’en identifier l’impact sur leurs trajectoires scolaires, il est fondé d’avancer que pour la majorité de ces enfants devenus adultes ces mêmes stéréotypes sexuels colorent , et même définissent, leur représentation des rapports sociaux entre les sexes – de même que leur vision du monde en général.
Ce phénomène est celui de la reproduction sociale bien documenté en sociologie de l’éducation.